Le 27 décembre 1831, Charles Darwin embarque à bord du Beagle, ancien navire de la Royal Navy réhabilité en navire de recherche, en route pour les côtes d'Amérique du Sud. C'est alors un naturaliste anglais passionné disposant de solides connaissances en médecine (anatomie, physiologie, dissection...), en entomologie, en botanique et en géologie grâce à ses relations comme John Stevens Henslow, botaniste, et Adam Sedgwick, professeur de géologie. Il possède aussi une culture scientifique importante et une connaissance précise des idées scientifiques en débat de l'époque. On note qu'il adhère aux thèses transformistes de son grand-père, gradualistes de Lyell selon qui la Terre se transformerait au fur et à mesure de l’érosion et des éruptions volcaniques, et au créationnisme. C'est dans Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, un ouvrage en sept tomes de Alexender Von Humbodt , un botaniste prussien, et plus particulièrement dans Relation historique que C. Darwin trouve sa passion pour les voyages d'exploration. En effet, Alexender Von Humbodt y décrit son passionnant voyage en Amérique du Sud. C. Darwin se renseigne alors pour partir à Tenerife, île située au sud de l'Espagne, quand John Stevens Henslow le recommande auprès de Robert Fitz Roy, capitaine du Beagle. En effet, celui-ci cherchait un naturaliste pour aider le naturaliste du bord à cartographier les côtes d'Amérique du Sud. C'est donc à cette occasion que C. Darwin part pour un voyage qui va durer moins de cinq ans, sans théorie bien précise de l'origine de la vie au départ. Cependant, grâce à ses capacités à observer, décrire, et comprendre ce qu'il voit qui lui viennent de sa formation d'humaniste et de naturaliste, il s'interrogera sur les idées de son temps, et développera ses propres idées qui révolutionneront le monde de la science.
| Carte du Voyage of the Beagle.jpg de Samsara |
Le Beagle quitte le port de Plymouth en fin de matinée du 27 décembre 1831, après 2 mois passés à quai à cause du mauvais temps, et met cap sur l'Amérique du Sud, en passant par Madère, les îles Canaries et l'Archipel du Cap vert. Il arrive à Recife au Brésil à la fin de février 1832. Il longe ensuite les côtes en effectuant de nombreuses escales, rejoint les Terres Rouges jusqu'à Lima au Pérou, puis part pour l'Australie en jetant l'ancre aux Iles Galapagos et en Nouvelle Zélande en 1836. Le voilier fait escale aux Iles Cocos, à l'île Maurice, au Cap, effectue un retour au Brésil et revient au port de Plymouth le 2 octobre. Le voyage aura alors duré 4 ans, 9 mois et 5 jours. Le naturaliste C. Darwin aura récolté de nombreux spécimens de son voyage : on dénombre plus de 1529 échantillons conservés dans de l'alcool et 3907 éléments conservés à sec. C'est en partie à cause ou grâce, aux méthodes naturalistes de l'époque ; en effet, les naturalistes pratiquaient la chasse pour étudier plus facilement les animaux alors tués, cette méthode étant la conséquence de l’absence du matériel d'observation à distance. Cependant, au fil du temps, un esprit nouveau apparaît chez Darwin : «je découvris, presque inconsciemment et insensiblement, que le plaisir d’observer et de raisonner est supérieur à celui de l’adresse et du sport» écrit alors Darwin dans Voyage d'un naturaliste autour du monde. Durant le voyage, il rédigea aussi de nombreuses notes : 1383 pages de géologie et 368 de zoologie. A bord du Beagle, le naturaliste anglais dissèque et écrit, même si ses connaissances en anatomie et ses capacités de dessinateur sont réduites comme il le fait comprendre dans son autobiographie commencée le 28 mai 1878 et finie moins de 3 mois après. Il s'indigna aussi contre l'esclavage, très répandu en Amérique du Sud.
Darwin étudie de nombreuses espèces comme les Nandou, qu'il nomme autruches, dans les pampas de Patagonie. Il lie alors toutes ses descriptions et ses observations à ses réflexions scientifiques. Grâce aux données d’œuvres littéraires comme les récits de Burchell, il compare le Nandou aux autres membres de sa famille. Il fait aussi preuve d'une grande écoute auprès des populations locales qui lui fournissent plusieurs informations sur les animaux ou les plantes de leurs terres. Darwin regroupe différentes données sur les caractéristiques physiques et les habitudes de l'oiseau, qui lui permettent d'identifier une seconde espèce de Nandou appelé plus tard le Nandou de Darwin. Il valide ainsi la proposition avancée par Dobritzhoffer en 1749 sur l'existence de Nandou particuliers. Charles Darwin développe alors une démarche complète d'étude naturaliste: il identifie les groupes, les espèces, les sous-espèces (ou variétés et sous-variétés pour les plantes), réfléchit sur la place des individus dans une communauté, sur leurs affinités, leurs liens avec le milieu ; il met en évidence la succession géologique et surtout l'évolution des espèces.
| On the origin of species, 1859 |
Compléments
- Animation du CNRS sur le voyage de Darwin : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosdarwin/darwin.html
- Bande annonce : http://www.arte.tv/fr/2645064,CmC=2644652.html diffusée sur Arte
Maïlys
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